Patrick Hautecoeur

Doyen de la Faculté de Médecine et Maïeutique

J’ai découvert « la catho » en 1982 après avoir été reçu au concours de l’internat des hôpitaux de la charité, naguère illustre lieu devenu le lycée Montebello. J’ai franchi ensuite les différentes étapes d’une carrière hospitalo-universitaire : Chef de Clinique Assistant en 1987, chef du service de Neurologie en 1992 et professeur agrégé de Neurologie en 1994.

Spécialiste de la sclérose en plaques, je suis actuellement coordinateur des services de neurologie de Saint Philibert et de Saint Vincent de Paul et président du CA du réseau de soins PARCSEP des Hauts de France.

Sans jamais oublier le GHICL (Vice-Président de la CME entre 2001 et 2005), je me suis très tôt investi à la Faculté dont je suis devenu le 23ème Doyen en 2014. Depuis maintenant 6 ans, le fil directeur a toujours été d’allier Tradition et Modernité au service de l’institution et de l’étudiant acteur de sa formation.

Pour les années à venir, les ambitions de l’équipe décanale sont de :

–       Poursuivre les réformes en cours, notamment celle de la licence santé ouvrant à la médecine, maïeutique, kinésithérapie ou pharmacie mais aussi aux nouveaux métiers de la santé qui restent à inventer et celle du 2ème cycle concernant les compétences nécessaires pour être un bon médecin.

–       Singulariser une recherche facultaire à la fois fondamentale comme le développement de l’Unité de Traitement des Signaux Biomédicaux (UTSB) rapprochant la FMM et HEI à l’unité CNRS du LAHMI de l’Université de Valenciennes mais aussi dans le domaine de pédagogie et surtout de l’Histoire de la médecine en appui d’un patrimoine intramuros exceptionnel.

–       Donner plus de légitimité nationale à nos hospitalo-universitaires et plus de place institutionnelle à la Faculté dans la région.

–       Définir la Faculté comme lieu de symbiose mycorhizienne entre le monde de l’université et celui de la santé dans les domaines du soin de l’enseignement et de la recherche.

Patrick Hautecoeur

Doyen de la Faculté de Médecine et Maïeutique

Halima Mecheri

Doyen de la Faculté des Lettres & Sciences Humaines

Au cours de ces trois dernières années, la FLSH a connu une belle évolution de ses effectifs étudiants et une belle transformation de sa palette de formations avec l’ouverture de quatre Masters et d’un parcours en géopolitique. La FLSH a également pu impressionner par la qualité de ses travaux de recherche et l’évolution de son image extérieure. Compte tenu d’un tel bilan et convaincue qu’il est possible de poursuivre le travail avec l’équipe administrative et enseignante de la FLSH, je souhaite aller plus loin encore : poursuivre le développement de l’offre de formation, soutenir le développement du Clarife vers un centre expert aux multiples facettes, faire du MediaLab le lieu incontournable de l’innovation pédagogique basée sur l’audiovisuel et poursuivre la structuration de la Recherche dans sa dimension pluridisciplinaire et coopérative. Ainsi transformée, la FLSH pourra se déployer encore davantage à l’international. 

Plus que ce bilan positif et ces projets ambitieux, c’est le plaisir d’un réel travail d’équipe et l’envie de continuer à tout mettre en œuvre pour la réussite de nos étudiants et le développement de notre belle faculté, qui m’incite aujourd’hui à poursuivre l’aventure comme Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines.

Halima Mecheri

Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Message de Halima MECHERI

Peinture, sculpture, réalisation de vidéos, émissions de radio, échanges d’idées de recettes de cuisine, jeux vidéo, lecture, musique, sport en visio entre amis, apéros virtuels, … les idées n’ont pas manqué à la FLSH pour faire face aux 54 jours et 12 heures de confinement ! Parce qu’à l’Université Catholique de Lille, le lien fait sens, spontanément, très vite les idées ont fusé pour que ce lien perdure. Cette dépendance réciproque, entre les étudiants et le personnel de la faculté, n’a pu être sevré même avec une distance allant jusqu’à 7500 km !

Au MediaLab, ce lien a aussi été entretenu grâce à une mobilisation des collègues, qui ont redoublé notamment l’effort sur la radio, un média historiquement adapté en période de crise. « Être heureux de nous entendre », « ça fait du bien », « avoir l’impression d’avoir la fac à la maison », morceaux choisis, des nombreux retours reçus durant le confinement aussi bien de la part des étudiants que des membres de l’université.

Et pour les plus aventuriers, ceux qui souhaitent joindre l’utile à l’agréable, le CLARIFE a proposé de maintenir ce lien par des échanges en anglais ! Yes we did it !

Mais ça y est le confinement est terminé. Alors que nous nous préparons progressivement à un retour à une vie normale, retour tant attendu depuis le 17 mars, cette perspective heureuse nous laisse toutefois nostalgiques de ces moments uniques que l’on a passés seul mais ensemble.

Nous ressortons tous grandis de cette épreuve, et sommes fiers d’avoir fait preuve d’adaptation en tirant le meilleur de la situation et le meilleur de nous-même.

Bravo et merci à tous !  

Halima MECHERI

Doyen de la Faculté des Lettres & Sciences Humaines

Découvrir le DITEP

HOPE nous donne l’occasion de vous faire découvrir le Dispositif Thérapeutique Educatif et Pédagogique (DITEP) de l’Institut Etienne Leclercq (ex CMP) à Croix. Le DITEP est le seul établissement médico-social géré en direct par l’Institut Catholique de Lille. Il accueille 120 enfants, adolescents et jeunes adultes présentant des troubles du comportement, de l’apprentissage, notamment liés au spectre autistique.

L’arrivée du « Corona-minus », comme l’appelle désormais nos jeunes, a été un véritable tsunami pour des familles et structures d’accueil qui s’appuient en temps ordinaire sur le DITEP pour les soulager dans le gestion d’enfants « extra-ordinaires ».

Aussi notre activité n’a jamais cessé avec le confinement. Nous avons mis en place une plateforme à distance de soutien thérapeutique, éducatif et pédagogique (70% des enfants sont en scolarisés partagés), ouvert un accueil d’urgence et de répit, et intervenons à domicile.

Les troubles psychiques, contrairement à ceux de la dépendance ou du handicap physique, ne sollicitent pas les mêmes possibilités de bénévolat. Aussi notre équipe de professionnels est restée mobilisée 7 jours sur 7.

Nous travaillons en grande partie sur le secteur Roubaix/Tourcoing avec des familles investies mais qui n’ont pas toujours la possibilité de financer les outils informatiques.

Fort heureusement, nous avons pu compter sur la solidarité de l’Université. Des écoles d’ingénieur nous ont fourni du gel hydro-alcoolique, l’EHPAD Feron-Vrau des surblouses et des thermomètres, comme le GHICL.

La Fondation des Hôpitaux de la Catho nous a accompagnés dans la recherche de moyens de financement et nous avons pu au total acheter et prêter 30 tablettes pour les enfants qui en avaient le plus besoin.

Alors que nous abordons « le monde d’après », nous constatons que le confinement nous met face à des extrêmes, bien sûr nous gérons des situations qui, de compliquées, sont devenues critiques mais nous voyons également des liens familiaux qui se sont renoués, des parents qui ont découvert les capacités de leurs enfants à travers le confinement et ne portent plus le même regard sur leur handicap.

A la veille du confinement, nous allions accueillir Monsieur Charles GARDOU pour une conférence sur la société inclusive. Nous allons œuvrer pour pouvoir rapidement donner suite à ce projet. Aujourd’hui il est paradoxal et antinomique pour nous qui nous attachons à inclure socialement, d’apprendre aux jeunes que nous accompagnons « la distanciation sociale », les « mesures barrière ».

Œuvrer à une société plus tolérante est l’une des raisons d’être de notre Université, aussi plus que jamais, le DITEP est fier d’en faire partie et compte sur elle pour pouvoir développer et donner réalités aux projets de vie de nos jeunes.

Agnés Gucker

Directrice de l’Institut Etienne Leclercq

Message d’Elisabetta Magnaghi

Un nouveau modèle économique pourrait-il émerger de la crise COVID-19 ? Préparons ensemble nos étudiants !

Nous avons dû et su adapter depuis le 12 mars dernier notre pédagogie afin de dispenser nos cours à distance, relevant ainsi le défi de la continuité pédagogique et des examens à distance. Dans ce contexte Il devient également de notre responsabilité de faire évoluer nos programmes en insufflant des réflexions qui forgeront les esprits des cadres de demain que nous formons, conscients de l’importance d’un capitalisme pour le bien commun qui considère les personnes, non pas comme des instruments, mais comme des fins en soi (voir lettre de Brian CHESKY, AD de Airbnb).

La FGES, forte de ses deux chaires, a déjà entrepris ce chemin. En octobre 2020 nous avons programmé la deuxième édition de notre GREEN WEEK pour sensibiliser nos étudiant aux enjeux de notre société. Ces enjeux sont à la fois climatiques, environnementaux, sociétaux, technologiques etentrepreneuriaux. Et nous fondons beaucoup d’espoirs dans notre nouvelle licence pluridisciplinaire Technologies et Gestion du Développement Durable qui répond à un intérêt croissant des étudiants pour les questions autour du développement durable, des relations entreprises-nature, de l’écologie et du déclin de la biodiversité. Les étudiants de cette nouvelle licence apprendront à appréhender les « problèmes environnementaux » par une approche interdisciplinaire, mobilisant des concepts en informatique, science, économie et gestion.

La pandémie Covid-19 change radicalement le monde. Tous les secteurs sont impactés, y compris bien sûr celui de l’économie et de la finance, sur lequel la propagation du coronavirus a déjà eu et continue d’avoir des conséquences importantes. “C’est une expérience – note Pauline Grange, gestionnaire de portefeuille, actions mondiales de Columbia Threadneedle Investments – qui pourrait changer radicalement le comportement des consommateurs, des entreprises et des marchés financiers. »

En effet, lors des dernières semaines écoulées, nombreux ont été les appels pour une relance économique qui prend en compte les variables nécessaires aux changements des modèles d’affaires des entreprises, notamment des entreprises qui opèrent à une échelle internationale, voire mondiale.  Paul Polman, président de Unilever et de la chambre de commerce internationale, en est une bonne illustration. Lors de son interview par skyNews le dernier 28 avril, il a rappelé qu’il prônait depuis un bon nombre d’années la nécessité d’un capitalisme différent. Les aspects sociaux sont devenus encore plus importants et dans les plans qui seront envisagés pour sortir de cette gigantesque crise il est impératif de repenser une économie qui, nous l’espérons, puisse fonctionner de façon plus équitable et plus conforme aux frontières planétaires.

Les entreprises pourraient-elles passer par une phase de profonde réorganisation et attacher une plus grande importance à leur finalité, c’est-à-dire à leur impact sur l’environnement et sur les consommateurs, sur la société, sur les employés et sur la chaîne de production et ainsi devenir actrices de la relance de l’agenda vert et d’une montée en puissance du capitalisme moral ?

Dans la tribune apparue dans le Monde le dernier 4 mai, quatre-vingt-dix dirigeants d’entreprises françaises et internationales ont voulu montrer qu’ils avaient intégré et affirmé « leur engagement collectif », et appellent à une mobilisation collective pour faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique.  « Nous croyons qu’il est aujourd’hui possible de faire des moyens financiers un accélérateur d’une relance verte et inclusive. Les plans de relance à venir constituent autant d’occasions pour que les investissements nécessaires confortent les trajectoires de transformation ».

Les chefs d’entreprise sont en train de reconnaître, semble-t-il, que, dans les chaînes de valeur mondiales, il n’y a aucun moyen d’externaliser la responsabilité environnementale ou sociale. Au contraire, les sociétés multinationales peuvent et doivent utiliser leurs chaînes d’approvisionnement étendues pour stimuler le changement et améliorer la qualité de vie sur les marchés où elles opèrent.

Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D) dans une interview au Climatico du 28 avril, interpelle le système éducatif, qui « continue d’enseigner des modèles qui ne fonctionnent pas et se heurtent aux limites du monde physique et des lois de la thermodynamique » et invite à « redéfinir les contenus pédagogiques, depuis l’école élémentaire jusqu’aux grandes écoles ».

La FGES a déjà pris le virage du monde d’après en formant des étudiants aptes à relever le défi de le façonner et de le gérer.

Elisabetta Magnaghi

Doyen de la Faculté de Gestion, Économie & Sciences

Message de Stéphane Soyez

Où capitaliser l’expérience pour penser demain ?

Le quartier Humanicité, par son activité principale orientée sur le « prendre soin », est fortement impacté par l’actuelle crise sanitaire. Existe-t-il un lieu, un groupe de personnes, un espace de dialogue où réfléchir à l’impact de cette crise sanitaire ?

Le comité stratégique des Ateliers-Humanicité (CoStrAtH) est qualifié d’instance de gouvernance du Living Lab [1]. En quelque sorte il est un groupe de travail dont la principale mission est de capitaliser sur l’expérience commune des acteurs du Living Lab et de définir les orientations du Living Lab. Il est donc l’espace central de dialogue et de prospective de notre Living Lab.

En ce temps de crise sanitaire exceptionnelle les articles d’analyse de la situation sont nombreux. Celui du philosophe et sociologue Bruno Latour paru dans AOC le 30 mars [2] a attiré mon attention car il suggère l’importance de ces espaces de dialogue et de prospective pour réfléchir à la situation actuelle et « déboucher sur une expression politique incarnée et concrète ». Dans cet article titré « imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant crise », l’auteur promeut un « outil pour aider au discernement ». Cet outil propose d’abord d’établir la liste des activités suspendues pendant le confinement ; activités que nous ne voudrions pas redémarrer au moment du déconfinement. Puis il invite à imaginer de nouvelles activités qualifiées « plus faciles, harmonieuses, cohérentes » pour lutter contre celles juger défavorables. Enfin il nous invite à trouver un moyen de comparer, de partager collectivement nos listes. Selon Bruno Latour, une compilation, une superposition de ces réponses permettra de dessiner peu à peu un nouveau paysage composé de « lignes de conflit, d’alliances, de controverses et d’oppositions », bref une expression politique concrète. Mais alors, quel serait cet espace, ce lieu, où opérer cette compilation et cette superposition ? Quel serait donc cet espace de dialogue et de prospective ? Qui l’animerait ? C’est justement la mission du Comité stratégique des Ateliers Humanicité dans la démarche d’innovation Living Lab ! Tous les trois mois, une quinzaine d’acteurs du Living Lab, dont des enseignants-chercheurs de ICL, compilent et superposent leur vision de la réalité. Ils contribuent ainsi à l’émergence du « quartier de demain ».   Dans quelques jours ou quelques semaines, les collectifs d’enseignants-chercheurs vont se reformer. Dans quelques mois ce sera le tour des collectifs d’étudiants. Nul doute que chacun partagera son expérience vécue de « prof confiné » ou « d’étudiant confiné ». Alors je m’interroge : où est l’espace de dialogue qui capitaliserait cette expérience collective ? et serait notre outil collectif d’aide au discernement …  

Stéphane Soyez
Directeur des Ateliers de l’innovation sociétale, présents dans les quartiers Humanicité et Moulins

Pour en savoir plus : Stéphane Soyez / stephane.soyez@univ-catholille.fr

[1] Living Lab : méthodologie d’innovation sociale, de transformation d’un écosystème PAR ses propres acteurs.
https://www.lesateliershumanicite.fr/fichs/10369.pdf  

[2] http://www.bruno-latour.fr/sites/default/files/downloads/P-202-AOC-03-20.pdf

Le Karaoké des comptines confinées

Les Vocalistes Européens dont la plupart des membres est issue du Chœur de l’Université Catholique de Lille voient officiellement le jour en août 2014 à 800 kilomètres de chez eux, en Haute-Savoie.

Constitué d’une trentaine de chanteurs aux profils variés, cet ensemble vocal des Hauts-de-France couvre la totalité des répertoires classiques, contemporains et actuels.

Placés sous la houlette de Pierre-Yves Gronier, avec la complicité des chefs du Chœur de l’Université Catholique de Lille, Catherine Blary et Benjamin Aguirre Zubiri, Les Vocalistes Européens transmettent leur passion du chant dans toutes ses acceptions.

A travers une programmation hétéroclite qui va de Beethoven à Paul McCartney, cet ensemble vocal s’adresse à toutes celles et ceux qui veulent cultiver leur différence.

Les Vocalistes Européens préparent pour l’été 2021 l’opéra Carmen de Bizet avec des solistes internationaux.

Dans cette période particulière, Les Vocalistes Européens ont souhaité poursuivre leur mission : Chanter et Partager.

Ils ont créé pour vous cette vidéo interactive : Le Karaoké des Comptines Confinées

Si vous aimez chanter, si vous avez des enfants, des petits enfants prêts à relever le défi, si vous aimez vous filmer, vous déguiser, mimer, rire…

Envoyez-nous votre vidéo sur ces chansons et vous ferez partie du prochain Karaoké des Vocalistes Européens

les.vocalistes.europeens@gmail.com

06 78 28 67 23

Message de Ioannis Panoussis

Nous vivons une situation hors-norme. Rares sont les moments de l’histoire récente auxquels nous pouvons nous référer ayant eu de tels impacts sanitaires, économiques, sociétaux, juridiques. Des décisions d’ampleur pour notre « vivre ensemble » sont prises chaque jour, lesquelles sont débattues et discutées avec vivacité. Le cadre de nos habitudes est quelque peu entamé au nom de l’urgence, mais, peut-être, est-ce le sens et la raison d’être de la « juris – prudence » : ajuster et faire vivre l’Etat de droit.

Aujourd’hui, plus que jamais, il faut adresser un message d’espoir à chacun d’entre nous et pour la communauté dans son ensemble. Se faire confiance. Se faire confiance à soi-même d’abord, en gardant à l’esprit nos valeurs, notre façon d’être au monde, notre raisonnement fondé et réfléchi. Et puis, notre confiance à l’autre et la solidarité envers tous et entre tous. Nos attitudes et nos actes à l’égard de notre prochain font sens plus qu’à tout autre moment et l’Université doit montrer toute sa responsabilité sociale. Nous faisons groupe. Nous gardons le cap.

C’est tout le sens que nous souhaitons donner à la continuité pédagogique, au maintien de nos examens qui nous permettra de qualifier les connaissances et compétences, de donner pleinement sa fonction à la diplomation. C’est tout le sens également de notre contact poursuivi et assidu avec nos étudiants, nos enseignants, nos partenaires qu’ils soient académiques, associatifs, professionnels pour poursuivre notre vocation de formation, de recherche et de service à la société.

Dans cette perspective, il n’est pas de frontières physiques ou normées qui empêchent l’esprit et la solidarité d’avancer ensemble.

La Faculté de droit des Facultés de l’Université Catholique, comme l’ensemble des établissements, s’est engagée dès le début du confinement avec près de 400 cours proposés de façon alternative dès les 15 premiers jours, puis la totalité des enseignements par la suite. C’est un vrai défi qui a été relevé par l’ensemble des collaborateurs pour passer à l’ère numérique sans pour autant réduire la qualité de la relation pédagogique. Nous tenons ici à remercier chacun d’entre vous. Cette prouesse n’a été possible que grâce à la participation de chacun et à la solidarité entre les services.

Côté recherche, une revue de presse académique a vu le jour à l’initiative du C3RD (Centre de Recherche sur les Relations entre le Risque et le Droit) et a rassemblé les plumes de nombreux enseignants-chercheurs pour donner des clés de lecture et de décryptage de l’actualité juridique très fournie. Un projet de « Journal de la quarantaine » a été soumis aux étudiants, afin qu’ils puissent partager leur expérience avec les générations futures.

L’annonce du dé-confinement par les pouvoirs publics laisse augurer de meilleurs jours, où nous pourrons projeter davantage les actions engagées dans la vie sociale. L’immersion professionnelle essentielle à nos étudiants, comme les actions de solidarité doivent reprendre leur cours. Le Bus de l’Accès au Droit reprendra sa route en partenariat avec les Avocats du Barreau de Lille, quant aux stagiaires et alternants, la prudence fait primer le télétravail et la garantie de bonnes conditions d’accueil qui seront définies par le Career Center des Facultés dans les jours qui viennent. Enfin, et j’en finirai par l’essentiel, nous pensons dans chacune de nos décisions à l’étudiant, à sa situation particulière de confinement, aux difficultés rencontrées. La Faculté de Droit et l’ensemble de l’Université s’attachent à venir en aide aux plus fragilisés. Nous souhaitons, à ce titre, saluer les initiatives de All, les nombreux volontaires ayant contribué à la distribution de denrées alimentaires et le service de la vie étudiante de l’Université. Ensemble, nous sommes plus forts.

Ioannis Panoussis

Doyen de la Faculté de Droit

Message de Nicolas Vaillant

La crise provoquée par l’épidémie du COVID-19 nous a contraints à la prise d’innombrables décisions, individuelles ou collectives, privées ou publiques, dans un laps de temps très court, et pour un horizon d’application tout aussi court. Cette crise dépasse largement le cadre du champ médical et biologique, et même celui plus général de la santé publique. Elle traverse de nombreux domaines de recherche, notamment politiques, économiques, juridiques, psychologiques, théologiques, sociologiques, anthropologique et -évidemment- philosophiques et éthiques. Sur ce dernier point, je fais référence aux questions relevant de l’éthique dite de l’urgence, tout autant qu’à l’aspiration de notre université d’alerter sur l’urgence de l’éthique, à la fois pour cette crise et pour les conséquences qu’elle aura dans les mois et les années à venir. La situation nous rappelle, s’il le fallait, à quel point la recherche dans tous ces domaines est utile, fondamentalement utile.

Les facultés et écoles de notre université, leurs laboratoires et leurs équipes de recherche ont les compétences et les atouts pour se saisir des questions soulevées par la crise. Nous ne mobilisons pas ces compétences dans une logique « d’excellence de masse », c’est-à-dire en mettant énormément de moyens sur un sujet pointu ou dans une discipline en particulier, mais dans une logique « d’excellence d’agilité », dont l’esprit est de créer des savoirs nouveaux et d’innover en mettant en dialogue des disciplines différentes ; mettre en réseau, aller chercher l’innovation au cœur des rencontres improbables, c’est une de nos marques de fabrique.

Ainsi, dans un contexte très contraint de télétravail à domicile et lorsque le rythme exercé par la continuité pédagogique le leur a permis, les enseignants-chercheurs ont basculé dans une activité de continuité scientifique. En très peu de temps après le démarrage de la crise et par le canal d’une équipe TEAMS dédiée (« Recherche ICL – COVID 19 »), de nombreuses réflexions, pistes et initiatives, individuelles et collectives, ont vu le jour :

– Matthieu Belarouci (ETHICS – Anthropo Lab), sur la saturation des capacités de production hospitalière ;

– Malik Bozzo-Rey (ETHICS) et Tiphaine Zetlaoui (FLSH), sur l’influence des comportements en situation d’incertitude, dans le prolongement du projet INFLUENTHICS soutenu par l’appel à projets ERASME (2019) ;

– Thierry Chopin (ESPOL), sur l’urgence politique d’incarner la solidarité européenne, face à la crise ;

– Barthélémy Courmont (FLSH), sur l’évolution des relations sino-américaines provoquée par la pandémie ;

– Marie-Laure Deneffe-Dobrzynski (FMM), par la création d’un groupe WhatsApp « BIBLIO CORONA » dédié à la revue de littérature sur les conséquences sanitaires et sociétales de la crise ;

– Véronique Flambard (FGES), sur l’adhésion aux règles collectives coûteuses individuellement (par exemple, le confinement, les achats strictement nécessaires…) mais bénéfiques collectivement ;

– Sonia Le Gouriellec (FD), sur la façon dont la crise affecte les relations internationales ;

– Fabrice Le Lec (ETHICS – Anthropo Lab), sur les approches comportementales de l’antibiorésistance, et sur les comportements de prévention, assurance et autoprotection en période de crise sanitaire ;

– Blandine Mallevaey (FD), sur les conséquences du confinementen droit de la famille, dans le prolongement du projet Enfance & Familles, soutenu par l’appel à projets ERASME (2019) ;

– Paulo Rodrigues (ETHICS – CEM et FT), sur l’humanisation de la mort en temps de pandémie ;

– Lina Williatte (FD), en lien avec la Société Française de santé digitale, sur la pratique de télé consultation médicale par les professionnels de santé ;

– La chaire « Ethique, technologie et transhumanismes », sur les enjeux éthiques du numérique pendant la crise (Yves Poullet, Marie-des-Neiges Ruffo, Jessica Lomabard), et par le canal du blog de Paul Jorion (www.pauljorion.com);

– L’équipe du Centre d’Ethique Médicale (ETHICS et FMM), autour de Jean-Philippe Cobbaut, sur le soutien éthique aux EHPAD en contexte pandémique, avec plusieurs autres enseignants-chercheurs précédemment cités, et en co-construction avec les EHPAD de la Catho ;

– Le séminaire intitulé Littoral de l’intime de la FLSH, sur les enjeux du confinement, avec notamment un documentaire réalisé et produit par Erika Thomas, intitulé COVID, Chronique d’un huis clos.

Ces recherches seront ponctuelles ou durables. Elles modifieront nos domaines d’expertise, amélioreront certaines de nos compétences et impulseront peut-être des programmes de recherche émergents, valorisés dans des appels à projets qui apporteront des sources de financement. Elles affecteront immanquablement notre façon de faire de la recherche, de mettre en dialogue nos connaissances. Elles ont d’ores et déjà favorisé des rencontres, elles ont impulsé de nouvelles collaborations, et renforcé et orienté des coopérations préexistantes. A Toute crise a sa catharsis, toute crise a son kairos ; pour les chercheurs, l’opportunité est saisie en ce moment.

Bravo et merci à eux, faire université, c’est aussi faire de la recherche.

Nicolas Vaillant

Vice-Président Vice-Recteur en charge de la recherche