Archives mensuelles : mai 2020

Message d’Elisabetta Magnaghi

Un nouveau modèle économique pourrait-il émerger de la crise COVID-19 ? Préparons ensemble nos étudiants !

Nous avons dû et su adapter depuis le 12 mars dernier notre pédagogie afin de dispenser nos cours à distance, relevant ainsi le défi de la continuité pédagogique et des examens à distance. Dans ce contexte Il devient également de notre responsabilité de faire évoluer nos programmes en insufflant des réflexions qui forgeront les esprits des cadres de demain que nous formons, conscients de l’importance d’un capitalisme pour le bien commun qui considère les personnes, non pas comme des instruments, mais comme des fins en soi (voir lettre de Brian CHESKY, AD de Airbnb).

La FGES, forte de ses deux chaires, a déjà entrepris ce chemin. En octobre 2020 nous avons programmé la deuxième édition de notre GREEN WEEK pour sensibiliser nos étudiant aux enjeux de notre société. Ces enjeux sont à la fois climatiques, environnementaux, sociétaux, technologiques etentrepreneuriaux. Et nous fondons beaucoup d’espoirs dans notre nouvelle licence pluridisciplinaire Technologies et Gestion du Développement Durable qui répond à un intérêt croissant des étudiants pour les questions autour du développement durable, des relations entreprises-nature, de l’écologie et du déclin de la biodiversité. Les étudiants de cette nouvelle licence apprendront à appréhender les « problèmes environnementaux » par une approche interdisciplinaire, mobilisant des concepts en informatique, science, économie et gestion.

La pandémie Covid-19 change radicalement le monde. Tous les secteurs sont impactés, y compris bien sûr celui de l’économie et de la finance, sur lequel la propagation du coronavirus a déjà eu et continue d’avoir des conséquences importantes. “C’est une expérience – note Pauline Grange, gestionnaire de portefeuille, actions mondiales de Columbia Threadneedle Investments – qui pourrait changer radicalement le comportement des consommateurs, des entreprises et des marchés financiers. »

En effet, lors des dernières semaines écoulées, nombreux ont été les appels pour une relance économique qui prend en compte les variables nécessaires aux changements des modèles d’affaires des entreprises, notamment des entreprises qui opèrent à une échelle internationale, voire mondiale.  Paul Polman, président de Unilever et de la chambre de commerce internationale, en est une bonne illustration. Lors de son interview par skyNews le dernier 28 avril, il a rappelé qu’il prônait depuis un bon nombre d’années la nécessité d’un capitalisme différent. Les aspects sociaux sont devenus encore plus importants et dans les plans qui seront envisagés pour sortir de cette gigantesque crise il est impératif de repenser une économie qui, nous l’espérons, puisse fonctionner de façon plus équitable et plus conforme aux frontières planétaires.

Les entreprises pourraient-elles passer par une phase de profonde réorganisation et attacher une plus grande importance à leur finalité, c’est-à-dire à leur impact sur l’environnement et sur les consommateurs, sur la société, sur les employés et sur la chaîne de production et ainsi devenir actrices de la relance de l’agenda vert et d’une montée en puissance du capitalisme moral ?

Dans la tribune apparue dans le Monde le dernier 4 mai, quatre-vingt-dix dirigeants d’entreprises françaises et internationales ont voulu montrer qu’ils avaient intégré et affirmé « leur engagement collectif », et appellent à une mobilisation collective pour faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique.  « Nous croyons qu’il est aujourd’hui possible de faire des moyens financiers un accélérateur d’une relance verte et inclusive. Les plans de relance à venir constituent autant d’occasions pour que les investissements nécessaires confortent les trajectoires de transformation ».

Les chefs d’entreprise sont en train de reconnaître, semble-t-il, que, dans les chaînes de valeur mondiales, il n’y a aucun moyen d’externaliser la responsabilité environnementale ou sociale. Au contraire, les sociétés multinationales peuvent et doivent utiliser leurs chaînes d’approvisionnement étendues pour stimuler le changement et améliorer la qualité de vie sur les marchés où elles opèrent.

Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D) dans une interview au Climatico du 28 avril, interpelle le système éducatif, qui « continue d’enseigner des modèles qui ne fonctionnent pas et se heurtent aux limites du monde physique et des lois de la thermodynamique » et invite à « redéfinir les contenus pédagogiques, depuis l’école élémentaire jusqu’aux grandes écoles ».

La FGES a déjà pris le virage du monde d’après en formant des étudiants aptes à relever le défi de le façonner et de le gérer.

Elisabetta Magnaghi

Doyen de la Faculté de Gestion, Économie & Sciences

Message de Stéphane Soyez

Où capitaliser l’expérience pour penser demain ?

Le quartier Humanicité, par son activité principale orientée sur le « prendre soin », est fortement impacté par l’actuelle crise sanitaire. Existe-t-il un lieu, un groupe de personnes, un espace de dialogue où réfléchir à l’impact de cette crise sanitaire ?

Le comité stratégique des Ateliers-Humanicité (CoStrAtH) est qualifié d’instance de gouvernance du Living Lab [1]. En quelque sorte il est un groupe de travail dont la principale mission est de capitaliser sur l’expérience commune des acteurs du Living Lab et de définir les orientations du Living Lab. Il est donc l’espace central de dialogue et de prospective de notre Living Lab.

En ce temps de crise sanitaire exceptionnelle les articles d’analyse de la situation sont nombreux. Celui du philosophe et sociologue Bruno Latour paru dans AOC le 30 mars [2] a attiré mon attention car il suggère l’importance de ces espaces de dialogue et de prospective pour réfléchir à la situation actuelle et « déboucher sur une expression politique incarnée et concrète ». Dans cet article titré « imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant crise », l’auteur promeut un « outil pour aider au discernement ». Cet outil propose d’abord d’établir la liste des activités suspendues pendant le confinement ; activités que nous ne voudrions pas redémarrer au moment du déconfinement. Puis il invite à imaginer de nouvelles activités qualifiées « plus faciles, harmonieuses, cohérentes » pour lutter contre celles juger défavorables. Enfin il nous invite à trouver un moyen de comparer, de partager collectivement nos listes. Selon Bruno Latour, une compilation, une superposition de ces réponses permettra de dessiner peu à peu un nouveau paysage composé de « lignes de conflit, d’alliances, de controverses et d’oppositions », bref une expression politique concrète. Mais alors, quel serait cet espace, ce lieu, où opérer cette compilation et cette superposition ? Quel serait donc cet espace de dialogue et de prospective ? Qui l’animerait ? C’est justement la mission du Comité stratégique des Ateliers Humanicité dans la démarche d’innovation Living Lab ! Tous les trois mois, une quinzaine d’acteurs du Living Lab, dont des enseignants-chercheurs de ICL, compilent et superposent leur vision de la réalité. Ils contribuent ainsi à l’émergence du « quartier de demain ».   Dans quelques jours ou quelques semaines, les collectifs d’enseignants-chercheurs vont se reformer. Dans quelques mois ce sera le tour des collectifs d’étudiants. Nul doute que chacun partagera son expérience vécue de « prof confiné » ou « d’étudiant confiné ». Alors je m’interroge : où est l’espace de dialogue qui capitaliserait cette expérience collective ? et serait notre outil collectif d’aide au discernement …  

Stéphane Soyez
Directeur des Ateliers de l’innovation sociétale, présents dans les quartiers Humanicité et Moulins

Pour en savoir plus : Stéphane Soyez / stephane.soyez@univ-catholille.fr

[1] Living Lab : méthodologie d’innovation sociale, de transformation d’un écosystème PAR ses propres acteurs.
https://www.lesateliershumanicite.fr/fichs/10369.pdf  

[2] http://www.bruno-latour.fr/sites/default/files/downloads/P-202-AOC-03-20.pdf

Le Karaoké des comptines confinées

Les Vocalistes Européens dont la plupart des membres est issue du Chœur de l’Université Catholique de Lille voient officiellement le jour en août 2014 à 800 kilomètres de chez eux, en Haute-Savoie.

Constitué d’une trentaine de chanteurs aux profils variés, cet ensemble vocal des Hauts-de-France couvre la totalité des répertoires classiques, contemporains et actuels.

Placés sous la houlette de Pierre-Yves Gronier, avec la complicité des chefs du Chœur de l’Université Catholique de Lille, Catherine Blary et Benjamin Aguirre Zubiri, Les Vocalistes Européens transmettent leur passion du chant dans toutes ses acceptions.

A travers une programmation hétéroclite qui va de Beethoven à Paul McCartney, cet ensemble vocal s’adresse à toutes celles et ceux qui veulent cultiver leur différence.

Les Vocalistes Européens préparent pour l’été 2021 l’opéra Carmen de Bizet avec des solistes internationaux.

Dans cette période particulière, Les Vocalistes Européens ont souhaité poursuivre leur mission : Chanter et Partager.

Ils ont créé pour vous cette vidéo interactive : Le Karaoké des Comptines Confinées

Si vous aimez chanter, si vous avez des enfants, des petits enfants prêts à relever le défi, si vous aimez vous filmer, vous déguiser, mimer, rire…

Envoyez-nous votre vidéo sur ces chansons et vous ferez partie du prochain Karaoké des Vocalistes Européens

les.vocalistes.europeens@gmail.com

06 78 28 67 23