Églantine est une doreuse qui nous vient tout droit de Belgique. Elle a fait ses classes dans l’atelier parisien Gohard où elle s’est formée sur des chantiers très prestigieux. (Vous êtes curieux ? Regardez la vidéo ci-dessous pour les découvrir !).
Passionnée par la restauration, Églantine découvre le métier grâce à son père qui travaille dans la soie. Un métier-passion qu’elle exerce depuis 22 ans !
Elle nous présente ce métier passionnant et méconnu.
Pour elle, les deux qualités principales pour être doreur sont l’observation et la minutie, et bonus, ne pas avoir le vertige ! (cette interview se fait perché à quelques mètres de haut !).
Il existe plusieurs sortes d’or. Différents alliages permettent d’avoir plusieurs teintes d’or : de l’or vert, rouge, blanc, jaune…
Pour la Chapelle, l’or utilisé pour les travaux est de l’or quasi pur : 23 carats 3/4 (le plus couramment employé) en provenance d’Italie.
Cet or se présente sous le format d’un carnet de 25 feuilles, fabriqué par des “batteurs d’or“.
Les outils n’ont pas beaucoup évolué depuis l’apparition de ce métier d’art (on retrouve des traces de dorure à la feuille sur des objets archéologiques datant de l’Egypte antique).

Le matériel de base se compose :
- d’un coussin sur lequel la doreuse découpe les feuilles d’or
- d’un couteau pour découper si besoin la feuille
- d’une palette pour appliquer les feuilles
- d’ “appuyeux” (les pinceaux de finition) qui servent à faire adhérer et mouler la feuille au support.
L’or tient à l’aide d’une couche de colle posée en amont sur le support. Cette colle, la “mixtion” est poisseuse lors de l’application. Un temps de séchage est nécessaire avant d’appliquer l’or. Lorsque la mixtion crisse au toucher, cela signifie qu’elle est prête. On dit alors que la colle est “amoureuse”, c’est à dire prête à épouser la feuille d’or.
Une autre technique de dorure existe : la “dorure à la détrempe”, qui permet d’avoir un résultat plus précis, plus détaillé. Elle est utilisée pour dorer le mobilier, les cadres, les icônes,…
A la question “Pourquoi utilise-t-on de l’or dans les monuments religieux“, la réponse d’Eglantine se fait sans attendre : “la lumière, le symbole de l’astre, du soleil, de Dieu toujours représenté avec une auréole”.


Article rédigé par Margaux Sens de la Fondation de la Catho de Lille












