Par Linda Vendeville, Attachée du patrimoine -Archiviste Service du Patrimoine et des Archives

C’est à l’abbé Eugène Stoffaës, professeur d’astronomie à la Faculté des Sciences et directeur de la maison de famille Albert-le-Grand, que nous devons la construction de l’Observatoire de l’Université Catholique de Lille.
Depuis 1884, le chanoine Stoffaës s’était vu confier le cours d’astronomie à la Faculté des Sciences. Faute d’instruments et surtout d’une installation convenable, il avait dû limiter son enseignement à la partie purement théorique en négligeant ce qu’il y a de plus intéressant dans cette science : l’observation des divers phénomènes célestes. Il avait pu néanmoins se procurer quelques instruments d’astronomie dont un excellent théodolite et une lunette qui dépassait déjà en puissance les lunettes ordinaires d’amateur.
En 1888, il sollicita auprès du recteur Monseigneur Baunard une installation. De tous les bâtiments de l’Université, deux lieux étaient favorables à cette construction : l’hôtel académique et la résidence Albert-le-Grand ; la Faculté des sciences qui n’était pas assez élevée et qui se trouvait masquée par l’hôtel académique, fut écartée. Le choix se porta sur l’hôtel académique.
Afin d’engager les membres du conseil d’administration à voter les crédits nécessaires, l’abbé Stoffaës finança une grande partie du coût des travaux et fit don de matériels : un théodolite, une lunette et une horloge sidérale. En 1888, le conseil d’administration valida le projet et les travaux débutèrent la même année. L’architecte Louis Dutouquet construisit un Observatoire composé d’une coupole tournante reposant sur une construction cylindrique en fer. En 1889, les travaux furent achevés.
L’abbé Eugène Stoffaës contribua entre 1922 et 1931 – date de sa mort – au lancement de l’Association astronomique du Nord. L’utilisation de l’Observatoire devint moindre après la Seconde guerre mondiale. En 1954, l’Association astronomique du Nord sollicita l’Université Catholique de Lille pour pouvoir utiliser son Observatoire. Après des travaux de remise en état, l’Université le mit à disposition de l’Association qui en assura l’équipement et l’entretien pendant plusieurs années. Il perdit ensuite de son intérêt en raison de la construction de points de vue plus élevés.
Crédit Photos : Coll. Service du Patrimoine et des Archives de l’Institut Catholique de Lille.

