La petite histoire…du séminaire académique

Boîte aux lettres, 41 rue du Port.

Si vous regardez bien la porte d’entrée de l’Hôtel Académique donnant sur la rue du port, vous remarquerez la présence d’une boîte aux lettres sur laquelle figure l’inscription « Séminaire académique ».

Entrée dans l’Hôtel Académique, rue du Port.

Le séminaire académique est ouvert dès l’origine de l’Université. Son institution précède celle de la faculté de Théologie. Il apparait, en effet, nécessaire de créer un internat pour les jeunes ecclésiastiques qui ont l’autorisation de suivre des cours de lettres et de sciences, d’autant plus que les petits séminaires de l’époque ne préparent pas au baccalauréat. Un internat réservé aux étudiants ecclésiastiques, embryon du futur séminaire académique s’installe, en 1875, rue Royale à Lille. Il est placé sous la direction du Père Oresve, prêtre de la Congrégation de la Mission. Le Séminaire académique déménage, en 1883-1884, au 41 rue du Port.

SEMINAIRE ACADEMIQUE
D’après une photogravure sur plaque de zinc fixée sur un alliage (184 x 137 mm). 1962. Pièce conservée au Service du Patrimoine et des Archives de l’UCL, 2000 01 038.
Cette photogravure a servi à illustrer la quatrième page de couverture de la revue

Dès 1876, il est le lieu de rendez-vous du jeune clergé de l’Enseignement supérieur libre. En 1907, il est appelé Maison du Cardinal Régnier, en hommage au rôle joué par ce dernier aux premiers jours de l’Université. Après une formation scientifique, philosophique, historique ou littéraire, acquise en Facultés des Sciences et des Lettres, les jeunes théologiens ont pour leurs études sacrées un esprit plus ouvert et une méthode de travail. Il s’agit surtout de former des prêtres professeurs. Le règlement est assez strict, plus que dans les maisons de famille ; son objectif est la préparation au sacerdoce pendant plusieurs années, 3, 5 ou 7 ans d’études et de formation.

Les séminaristes disposent, au dernier étage de l’Hôtel académique, d’une chambre avec un lit en fer, une table, un rayonnage, une commode avec un bassin émaillé. Les journées démarrent à 5h30 avec un temps d’oraison, suivi d’une messe à 6h. La vie du Séminaire est liée à celle de l’Université, coupée par des vacances. Des fêtes ponctuent l’année universitaire, des fêtes liturgiques tout d’abord ; Noël, Epiphanie, fête de la translation des reliques de saint Vincent de Paul… C’est aussi un lieu foisonnant d’idées, on parle même d’ « œuvres sociales ». Un esprit fraternel y règne donc, avec des rencontres sportives, une équipe de rédaction du journal Entre nous…. Selon Mgr Lesne, « Il étend ses racines et ses branches du sous-sol où il se nourrit [au réfectoire], au rez-de-chaussée où il étudie [à la Faculté de Théologie], au premier étage où il médite, où il prie [dans sa chapelle], et ses cellules s’alignent aux étages supérieurs [dans les chambres des séminaristes], tout au long d’une avenue qui semble ne pas finir ». En juillet 1970, le séminaire académique ferme ; les anciens continuent malgré tout de se voir.

Anciens du Séminaire académique.
Photographie Noir et Blanc, 1960.
Service du Patrimoine et des Archives de l’UCL, non cotée.
Repas des anciens séminaristes.
Photographie Noir et Blanc, [1960 ?].
Service du Patrimoine et des Archives de l’UCL, non cotée.

Article rédigé par Linda Vendeville, Attachée du patrimoine -Archiviste Service du Patrimoine et des Archives